La difficile communication des entreprises en période électorale au Cameroun.

    De septembre à novembre de cette année, le Cameroun a connu une très longue période de débats politiques qui ont su attirer l’attention de la majeure partie des citoyens. Il a été très difficile pour une organisation de mener une campagne de communication très perceptible par sa cible lors de cette période.

    Le site cameroonmarketbiz.com a aussi payé les frais. Nous avons connu un ralentissement de nos publications au cours de cette période. Ceci dû au faible niveau d’attention des internautes durant ce moment.

    Nous n’étions pas les seuls à connaitre des mauvaises performances communicationnelles. On peut citer des entreprises comme Mtn ou Wybap. Elles ont lancé de grandes campagnes de communication pendant la période électorale. Cependant, très peu de personnes ont y prêté un grand intérêt.

  Nous avons vu les grands meetings politiques, la coalition de dernière heure, le contentieux post électoral, la prestation de serment et les mouvements contestataires  intéresser la grande majorité des populations. Alors, comment une entreprise doit communiquer lors des périodes électorales (pré, pendant et post) au Cameroun ? Comment prévoir et anticiper le faible niveau d’attention de nos cibles lors de cette période ?

   Afin de répondre à nos préoccupations, nous avons recherché une littérature existante sur le sujet sans succès. Nous constatons qu’il n’existe pas de travaux significatifs sur la communication d’une entreprise en période électorale. Ceci justifie notre désir d’écrire sur ce sujet.

  Nous allons proposer quelques pistes de réponses fondées sur notre expérience personnelle. Toutefois, nous souhaitons avec ardeur que cette publication suscite des débats entre les praticiens du marketing. De ces prises de position, nous espérons que des idées constructives nous permettront de répondre à notre problématique.

La première réponse est : « Ne pas s’investir dans une nouvelle campagne de  communication de masse pendant la période électorale (pré, pendant et post) ».

    Cette approche nous parait simple et logique. Il suffit pour l’entreprise de laisser au profit des politiciens les grands espaces de communication (Tv, radio, affichage, presse écrite…). Alors, elle attend la fin de la ferveur électorale pour refaire surface.

  Cependant, nous jugeons que cette approche présente une principale limite. Généralement, on s’attend à un mois de faible activité communicationnelle due à la période électorale. A contrario, au Cameroun, nous avons eu droit à près de 10 semaines de forte activité politique.

   Il est bien difficile pour une entreprise de faire du surplace communicationnel  pendant trois mois. En sus, ces mois précèdent les fêtes de fin d’année, périodes propices aux grandes consommations. Il apparait qu’il est bien difficile de prévoir la durée du boom de la communication politique en période électorale.

La seconde réplique est : « Surfer sur le buzz et termes viraux de la période électorale  ».

   A première vue, c’est excitant de lancer une nouvelle campagne de publicité avec des accroches autour des termes « force de l’expérience », « sardine » ,  « tontine », « avocat », « cabris », « ensemble c’est possible » ou avec des images d’un tireur de penalty, d’un pasteur charismatique…

    Des initiatives pareilles  peuvent susciter une grande audience : premier objectif d’une campagne. Toutefois, le message véhiculé peut être très mal interprété par vos cibles en fonction de leurs positionnements politiques. Pire, la réputation de l’entreprise peut devenir  négative.

La troisième solution : « Mettre en œuvre une campagne de communication susceptible de détourner l’attention de vos cibles de l’actualité politique  ».

    Ceci est un grand challenge ! Il vous faut créer un buzz plus attractif que celui des politiciens. Il peut s’agir d’un spot tv aux messages forts, de fortes promotions sur les prix de vos produits etc.

Par exemple, Jumia Cameroun avec ses promotions sur les ventes flash a su intéresser un bon nombre d’internautes au début du mois de novembre.

  La limite de cette approche est l’incertitude quant au succès de votre propre buzz. Il peut arriver que les politiciens réussissent à tuer involontairement votre buzz avec une actualité plus chaude.

   En somme, cet article s’assimile à une proposition de réflexion autour d’un phénomène qui peut bien se reproduire en 2019 avec les élections législatives et municipales. N’ayant pas de travaux précédents sur le sujet à notre disposition, nous apportons des tentatives de réponse empiriques. Seul, il est impossible d’apporter des réponses concrètes. Ceci justifie notre désir de voir en commentaires les avis de nos lecteurs.

Josias MIAMDJO, Consultant en marketing & stratégies.

 

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