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Le poivre de Penja : un label sans grand bénéfice pour les camerounais

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Depuis 2013, le poivre de Penja bénéficie d’une labellisation dans le cadre d’un programme d’Indications géographiques financé par l’Agence Française de Développement (AFD). En quelques années, le prix du kg de poivre de Penja est passé de 2 500 FCFA à 20 000 FCFA. 

A première vue, cette situation est bénéfique pour les nombreux producteurs de Penja. Ils s’investissent davantage dans l’espoir de bénéficier de meilleurs profits. Sur le plan international, plusieurs reportages ont valorisé la grande qualité du poivre de Penja. 

Plus de cinq après la labellisation de cette merveille camerounaise, nous sommes en droit de nous interroger sur    la plus-value de ce produit pour les populations et l’économie camerounaises. 

Une grande partie de la production du poivre de Penja est aujourd’hui assurée par des entreprises aux capitaux étrangers.

Après sa labellisation , les entreprises comme PHP (Plantations du Haut Penja) se sont investies dans une production à grande échelle. En 2017, l’Etat du Cameroun a initié un projet Agropole pour booster la production du poivre de Penja. Cependant, l’identité des bénéficiaires de cet appui reste encore floue. 

La Commercialisation est tournée vers l’étranger 

Malheureusement, l’essentiel de la production est tournée vers les marchés européens. Les entreprises qui assurent  cette commercialisation ne sont pas nationales. C’est bien déplorable de constater que notre label est quasiment vendu par des étrangers.

La consommation locale du poivre de Penja est très faible 

Sur nos marchés, les commerçants arnaquent les ménagères en leur présentant un pseudo poivre de Penja. Il ne s’agit pas du produit labellisé. Il est très difficile de trouver notre poivre dans les grandes et moyennes surfaces. En sus, les prix pratiqués ne sont pas à la portée du pouvoir d’achat de la majorité des ménages. 

poivre de Penja

Le savoir-faire local  inexistant 

L’une des caractéristiques des produits labellisés est la transmission d’un savoir-faire traditionnel entre plusieurs générations des habitants du terroir. Ainsi, le vin de Bordeaux se distingue par un savoir-faire traditionnel français. Il est très peu imaginable de voir  des américains et chinois  comme délégataires de ce savoir-faire. 

Dans le cas du Cameroun, le savoir-faire n’appartient  pas aux populations locales. Les normes de production sont influencées par les acheteurs étrangers. La distribution et la commercialisation sont assurées par un grand nombre d’entreprises à capitaux étrangers. 

La localité de Penja a-t-elle bénéficié des infrastructures et d’un afflux de touristes ? 

Il est bien difficile d’apporter une réponse satisfaisante à cette interrogation. Les villes qui abritent des produits labellisés à l’échelle mondiale connaissent le plus souvent de nombreux intérêts touristiques liés à la consommation du produit sur place et à la découverte du savoir-faire local. Ainsi, de nouvelles sources de revenus peuvent être générées. 

Notre pays dispose d’un important répertoire de produits qui pourraient être labellisés dans les années à venir. Nous devons développer en amont des stratégies nationales d’appropriation de nos produits avant de s’y engager.

Lectures utiles :

https://www.investiraucameroun.com/agriculture/0801-10043-l-etat-camerounais-va-injecter-pres-d-un-milliard-fcfa-dans-un-projet-de-production-du-poivre-de-penja

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/03/08/cameroun-le-poivre-de-penja-produit-du-terroir-aux-aromes-magiques_4878710_3212.html

https://www.investiraucameroun.com/agriculture/1105-6342-l-agro-industriel-camerounais-php-projette-une-production-de-40-tonnes-de-poivre-a-penja-en-2015

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