Sabotage ou dénonciation fondée de BRÖLI et ARMANTI : les implications marketing.

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Depuis quelques jours, nous assistons à une vague de contestation de la qualité des marques de riz BRÖLI et ARMANTI sur les médias sociaux. Tout est parti de la  publication d’une vidéo réalisée par un homme politique camerounais sur sa page Facebook.

Dans cette vidéo, le riz BRÖLI peut étrangement se substituer à une balle de tennis. En effet, après leur cuisson, les graines de riz sont assemblées sous une forme de boule qui peut rebondir. Selon l’auteur de cette vidéo, le plastique serait l’un des ingrédients du riz BRÖLI.

Par la suite, nous avons assisté à la publication d’autres vidéos par des consommateurs qui confirmaient ou infirmaient la thèse de l’homme politique.

Le président de la ligue des consommateurs camerounais, Delor Magellan KAMSEU KAMGAING a même convié les consommateurs au boycott de tous les autres produits de la marque BRÖLI.

Cette situation a attiré l’attention des autorités gouvernementales. Le ministre du Commerce a convoqué pour le 3 janvier, une réunion de crise avec le directeur général d’Africa Food Distribution (distributeur des marques BRÖLI et ARMANTI au Cameroun) et des représentants du  ministère de l’agriculture et du développement rural et de l’agence des normes et de la qualité.

On peut observer ci-dessous l’intérêt autour de cette question sur le réseau social Twitter. Au cours de cette journée, on a en moyenne un post autour de ce sujet toutes les neuf minutes.

mentions sociales BROLI

Au regard de ce qui précède, nous analysons les implications marketing de cette actualité.

Dans un premier temps, nous allons sur la piste d’une fausse information.

C’est bien possible qu’il s’agisse d’une erreur consciente ou inconsciente des consommateurs indignés contre les marques de riz BRÖLI et ARMANTI.

Nous nous basons sur une publication Facebook de la fondation camerounaise des consommateurs, qui par l’entremise d’un expert en technique alimentaire explique la situation observée dans la vidéo.

En effet, le riz qui a une durée de vie de plus de deux années voit sa composition en amylose diminuer tandis que sa composition en amylopectine augmente. L’amylose contribue à la dureté du riz et l’amylopectine lui confère le caractère collant. Ceci tend à faire comprendre l’utilisation des boules de riz comme des balles de tennis dans les vidéos de dénonciation.


Si cette thèse est confirmée ou alors que les tests de conformité qui seront réalisés relèvent la bonne qualité de ces marques de riz, la conséquence sera la perte de crédibilité du politicien Jean Marc NGOSS.

Bien que présent sur la scène politique depuis quelques années, Jean Marc NGOSS s’est fait connaitre du grand public les mois derniers. Il bâtit encore sa notoriété et son image auprès de l’électorat camerounais.

Nous jugeons que sa communication sur la marque de riz BRÖLI présente un risque majeur pour son avenir politique. En sa qualité de politicien, on se serait attendu à la convocation d’experts en techniques agroalimentaires qui conforteraient sa position. Tout seul et même si son acte était de bonne foi, il peut se confronter à une perte de crédibilité au cas où sa dénonciation s’avère erronée.

Même si l’information sur la mauvaise qualité des riz BRÖLI et ARMANTI est erronée, elle laisse leurs consommateurs dubitatifs. L’entreprise Africa Food Distribution n’a jusqu’à lors produit un communiqué et ouvert ses portes à la télévision Equinoxe TV pour la présentation de ses certifications.

Nous estimons que ces efforts ne sont pas suffisants pour rassurer les consommateurs. On s’attendrait dans les prochaines semaines à une conférence de presse couplée à une visite d’entrepôt de l’entreprise. L’entreprise pourra également inviter des consommateurs lors de cette ouverture médiatique. Ces derniers assisteront à la cuisson de ces marques de riz et à une démonstration contradictoire.

Par ailleurs, le communiqué de l’entreprise nous a paru  peu convaincant. Son argumentaire s’est orienté vers des pratiques  concurrentielles  déloyales. Il nous semble que la dénonciation vient de ses consommateurs. Il nous parait  dangereux d’associer ses consommateurs à des basses manœuvres sans aucune preuve. Le communiqué aurait pu prétendre une erreur involontaire des consommateurs en exposant l’utilisation  d’un « vieux » riz  ou d’une contrefaçon par ceux-ci. Ainsi, l’entreprise aurait invité ces consommateurs à une séance de démonstration contradictoire.

Dans un second temps, nous allons sur le postulat que la dénonciation est fondée.

Ceci serait un grand coup pour l’entreprise Africa Food Distribution. Tous les produits de marques BRÖLI et ARMANTI pourraient être délaissés par les consommateurs.

En ce moment, le cas Volkswagen pourra servir de modèle à Africa Food Distribution. Il faudra  une reconnaissance totale du préjudice causé et l’acceptation des sanctions qui s’imposeront.

 

En somme, nous souhaitons vivement qu’il s’agisse d’une erreur involontaire des consommateurs dans leurs actes de dénonciation. Nous attendons les prochaines actualités sur cette affaire.

 

Auteur : Josias MIAMDJO, consultant en marketing et stratégies.

 

Lectures utiles :

https://www.lebledparle.com/societe/1105964-affaire-riz-broli-pour-rodrigue-tongue-les-auteurs-des-videos-tuent-gratuitement-les-projets-des-autres

https://www.237online.com/cameroun-la-qualite-du-riz-broli-remise-en-question-le-gouvernement-demande-des-explications-a-limportateur/

http://pea48.e-monsite.com/pages/a-propos-de-jean-marc-ngoss/biographie-de-jean-marc-ngoss-29-juin-2010.html

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