Entretien avec Symplice AKONO, Manager dans l’Incubateur du groupe IAO

Simplice AKONO

Chaque semaine, nous vous proposons d’aller à la rencontre d’un Homme du marketing au Cameroun. Ce lundi, nous vous présentons Simplyce AKONO. Vous le découvrirez au cours de l’entretien suivant.

Qui êtes-vous ?

Je suis M. MINKAME AKONO Symplice,  Camerounais de nationalité, Diplômé de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun, Spécialiste et Professionnel du Marketing International, Manager et Enseignant de Marketing-Management.

Quelles sont vos principales occupations au quotidien ?

Au quotidien je suis manager dans l’Incubateur du groupe IAO, Enseignant de Marketing-Management à l’Institut Supérieur des Sciences, Arts et Métiers.

Comment arrivez-vous à concilier les pratiques marketing aux réalités du monde agricole au Cameroun ? 

     Votre interrogation me pose un problème car, dans le verbe que vous utilisez, il y a en toile de fond l’idée que faire le rapport entre le marketing et l’agriculture relève de l’exploit. Mais en fait, même si ce n’est pas le cas, ceci me permet de dire que l’agriculture et son monde ont plus besoin du marketing que tout autre secteur du tissu productif de l’économie nationale.

Dans le contexte camerounais où, plus de 50% de la population active est rupestre et agricole, il faut noter que le marketing est souvent méconnu dans le fond et dans la forme. En tant que Professionnel et Formateur du Marketing, impliqué dans la formation des entrepreneurs agropastoraux, je construis mon accompagnement et mon coaching en trois étapes : la sensibilisation et l’information sur la science du marketing,  l’explicitation de l’importance de cette science commerciale dans l’économie agricole contemporaine où le triptyque paradigmatique ‘’Bon, Propre, juste’’ doit être respecté pour garantir le succès de l’exploitation agropastorale, et la formation aux outils stratégiques et opérationnels du marketing agricole.

Pourquoi avoir décidé de vous spécialiser dans le domaine agricole ?

      J’ai décidé de me spécialiser dans le domaine agricole, à cause d’une longue tradition familiale agricole dans ma famille maternelle où, j’ai passé le gros de mon enfance. Mais aussi, mon amour pour le Cacao m’a poussé à vouloir maîtriser son économie et son commerce. Pour finir, je suis convaincu que c’est l’agriculture qui sauvera l’économie africaine en général, et celle du Cameroun en particulier. L’agriculture ouvre sur le local, et sur le global. C’est donc un secteur glocal qui, permet la mise en place des filières où, les trois principaux secteurs de l’économie trouvent chacun sa place. Un tel enjeu micro, méso et macro ne saurait échapper à l’Analyste, à l’Enseignant et au professionnel du marketing que je pense être.

Selon vous, quelles sont les perspectives du marketing agricole au Cameroun ?

     Je l’ai dit plus haut, le marketing et plus globalement l’économie agricole doivent s’orienter vers la trilogie ‘’Bon, Propre, Juste’’. Bon car, le produit agricole doit être de bonne qualité, il doit plaire et satisfaire le besoin du consommateur, il doit contribuer à réduire l’extraversion de notre économie et de nos habitudes alimentaires. Le produit agricole doit donc avoir une dimension, pédagogique, amener le consommateur camerounais, à consommer ce qu’il produit, et à produire se qu’il consomme (Suivez mon regard).

Propre car, le produit agricole impacte directement sur la santé des consommateurs. Il urge désormais que la production agricole mette sur le marché des produits sains, traçables conformément aux itinéraires techniques dédiés, sans danger pour la santé humaine et l’environnement. Il faut sauver le produit agricole du risque sanitaire.

Juste car, il n’y pas d’activités en économie juste pour l’activité. Il y a toujours une rentabilité au bout de la chaîne. Cette rentabilité peut donc être sociale, sociétale, financière, commerciale, tout ce que vous vous voulez. Mais que l’on soit clair, l’économie agricole est l’économie qui concerne en Afrique, l’arrière pays, les populations rurales, et bien souvent la plèbe. Nous parlons ici de milliers voire de millions de personnes qui travaillent, avec la machine ou non, sous le soleil et la pluie, de jour et souvent de nuit, dans des conditions d’austérité.

Il leur faut donc commercialiser leurs offres à des prix rémunérateurs, c’est-à-dire qui tiennent compte du labeur et des besoins socio-économiques de l’entrepreneur agropastoral. Il s’agit donc pour lui de vendre le produit agricole à un prix juste, et pour le consommateur d’acheter le produit agricole à un prix rémunérateur.

Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien ?

     Les difficultés rencontrées au quotidien sont d’ordre cognitif d’une part. Ici, le problème qui se pose est celui de l’adhésion à la mentalité du marketing. Accepter l’idée qu’on ne vend pas un produit à partir de rien, qu’il faut obéir à la démarche marketing avant de se lancer dans une spéculation donnée. En plus de cela il y a aussi le problème plus général de la capacitation managériale des entrepreneurs agropastoraux.

      D’autre part, il y a la difficulté plus importante encore, c’est celle de la disponibilité des données fiables et concordantes sur l’économie agricole camerounaise. Bien souvent elles divergent d’une institution à une autre. Or l’investisseur agricole doit pouvoir disposer d’une information fiable sur le marché, pour mieux construire sa démarche marketing. Pour finir, faut se prononcer sur l’enclavement des bassins de production et le mauvais état des routes qui constituent une sérieuse contrainte dans l’action commerciale agricole.

Votre citation-conseil à l’endroit des jeunes étudiants en marketing :

« Le Marketing est la philosophie de l’économie de marché, le secret de la performance et de la compétitivité. Le maîtriser, c’est maîtriser le commerce d’aujourd’hui et de demain. »

 

Propos recueillis par Josias MIAMDJO.

 

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